ChatGPT en chute libre : +775% de mauvaises notes après l’accord militaire OpenAI-Pentagone
En 48 heures, l’application mobile de ChatGPT a connu une débâcle sans précédent. Le 28 février 2026, suite à l’annonce d’un accord entre OpenAI et le Département de la défense américain (rebaptisé « Département de la guerre » par l’administration Trump), les utilisateurs américains se sont soulevés massivement. Les données de Sensor Tower révèlent une augmentation de 775% des avis une étoile le samedi, suivie de 100% supplémentaires le dimanche, tandis que les désinstallations explosaient de 295% en un seul jour.
L’effondrement en chiffres : une hémorragie utilisateurs inédite
Les métriques parlent d’elles-mêmes[1]. Le taux quotidien de désinstallation de ChatGPT a bondi de 295% le samedi 28 février comparé à la veille, dépassant largement la moyenne des 30 jours précédents qui tournait autour de 9%. Sur les 5 étoiles, le recul a atteint 50%. Les téléchargements américains ont chuté de 13% le samedi, puis de 5% supplémentaires le dimanche, inversant la tendance haussière des jours précédents (+ 14% deux jours avant l’annonce). Ce mouvement dépasse largement une simple protestation : c’est une désertion massive et coordonnée d’une partie de la base utilisateurs.
Anthropic capitalise : Claude explose les records
Pendant que ChatGPT sombre, Claude en profite[1]. Anthropic a clairement communiqué son refus de conclure un accord avec le Département de la défense, citant des désaccords sur les conditions d’usage de l’IA, notamment concernant la surveillance de masse et les armes autonomes. Les conséquences sont immédiates : les téléchargements américains de Claude ont progressé de 37% le vendredi et 51% le samedi selon Sensor Tower. Plus spectaculaire encore, Appfigures rapporte une hausse de 88% le samedi, avec un dépassement ponctuel de ChatGPT en volume quotidien aux États-Unis. Similarweb observe que les téléchargements hebdomadaires de Claude sont environ 20 fois supérieurs à leur niveau de janvier 2026[1].
Le clivage éthique : quand l’IA militaire devient un poison de marque
Au-delà des chiffres, c’est un clivage éthique fondamental qui se dessine[1]. Pour une frange significative des utilisateurs, l’association entre intelligence artificielle grand public et usage militaire pose un problème de principe. L’annonce du partenariat OpenAI-Pentagone a cristallisé les inquiétudes latentes sur la dérive militaro-industrielle de l’IA commerciale. Inversement, la position affichée d’Anthropic — refus des restrictions levées, refus de l’armement autonome — s’avère être un argument de différenciation redoutable. Cette controverse révèle que les utilisateurs ne sont plus passifs face aux choix stratégiques des éditeurs d’IA : ils votent avec leurs téléchargements et leurs évaluations.
Contexte politique : l’administration Trump force le jeu
Le contexte politique amplifie le phénomène[2]. L’administration Trump a d’abord adressé un ultimatum à Anthropic pour lever les restrictions sur Claude, menaçant d’inscrire l’entreprise sur liste noire. Face au refus de Dario Amodei et son équipe, Trump a ordonné à son administration de « cesser immédiatement » toute collaboration avec Anthropic. Parallèlement, OpenAI a signé avec le Pentagone, bénéficiant ainsi des faveurs de l’exécutif américain — un investissement politique risqué qui s’avère être un désastre en termes de perception utilisateurs.